Environnement : on ramasse les canettes vides...mais on déverse les égouts dans la mer PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Stéphane   
Vendredi, 18 Novembre 2011 02:09

Rio de Janeiro est probablement l’une des plus belles villes du monde, la vue depuis le Pain de Sucre, notamment, est splendide et on ne se lasse pas de ces images. Malheureusement cette jolie nature n’est pas aux cœurs des attentions des locaux. C’est un peu fort et violent mais certains disent que « les Cariocas ne méritent pas une si belle ville » tant ils la maltraitent.

Il y a quelques semaines lors d’une balade au Pedra da Gavea j’ai découvert, au milieu d’horizons tous plus jolis les uns que les autres, cette terrible image montrant le début de la plage de Barra da Tijuca :

Les égouts qui se déversent dans la mer à Barra da Tijuca, Rio de Janeiro

Les égouts qui se déversent dans la mer à Barra da Tijuca, Rio de Janeiro

Alors, simple boue sortant du canal ou réelle pollution ? D’après un article de la Globo, cité par Anthony Dumas, il s’agit tout bonnement...des égouts ! La « Zona Oeste » dans laquelle se trouve Barra da Tijuca est pourtant relativement récente, le quartier de Barra à quelques décennies seulement. Mais le développement rapide et souvent incontrôlé des constructions ainsi que la pollution des lacs de Jacarepagua, Tijuca et Marapendi provoquent cette vilaine tâche dans la mer...

Il y a pourtant un point positif au Brésil concernant l’environnement au sens large : le recyclage des canettes vides. Même si la motivation est exclusivement économique, le Brésil est le pays dans lequel le taux de recyclage des canettes est le plus élevé (environ 90 à 95% suivant les sources). En effet, et je l’ai déjà évoqué l’année dernière, les catadores de lata récoltent les canettes usagées pour revendre ensuite l’aluminium (matériaux de la plupart des canettes). Outre l’aspect écologique, cela permet également de nettoyer les rues, notamment pendant le carnaval. Mais ce travail est difficile et dégradant, obligeant ceux qui l’exercent à notamment fouiller dans les poubelles.

Un ramasseur de canette pendant le carnaval, au milieu des foliões – Rio de Janeiro

Un ramasseur de canette pendant le carnaval, au milieu des foliões – Rio de Janeiro

Ces hommes, femmes et parfois enfants doivent ramasser 63 canettes vides pour constituer un kilo d’aluminium. Ce même kilo sera revendu entre 2,25 et 2,50 Réaux (1 à 1,10€/kg) m’ont indiqués plusieurs catadores de lata avec qui j’ai échangé lors des blocos du carnaval ou sur les plages. Alors combien de kilos arrivent-ils à ramasser en une journée ? Je n’ai malheureusement pas réussi à obtenir de réponses concordantes, les chiffres varient énormément entre chaque ramasseur. Manifestement, lors des meilleurs moments du carnaval, certains peuvent ramasser 80 à 100 kilos dans la journée, à condition d’être bien organisé –notamment d’avoir des « relais » pour conserver les sacs pleins. 80 à 100 Kg ramassés dans l’effort et la sueur. Et lors d’une journée normale, seulement quelques kilos peuvent être ramassés, soit quelques euros seulement. On estime à environ 130 000 Brésiliens vivant directement des revenus obtenus par la collecte des canettes vides.

Même si d’un point de vue environnemental c’est une bonne chose, on voit bien que seul l’aspect économique dicte ce ramassage des canettes. La fibre écologique n’est donc pas mise en avant par cet exemple...

Des sacs pleins de canettes vides pour être revendues ensuite – Carnaval Rio de Janeiro

Des sacs pleins de canettes vides pour être revendues ensuite – Carnaval Rio de Janeiro

Alors bien sur nous pouvons regretter cette situation générale concernant l’écologie au Brésil, mais peut-on en vouloir aux Brésiliens ? Même s’il avance rapidement, n’oublions pas que le Brésil est un pays en développement. D’après la CIA, le PIB par habitant au Brésil est de 10 800 US$/an, soit plus de 3 fois moins qu’en France (33 100 US$/habitant/an). L’actuel PIB/habitant au Brésil correspond (manifestement) à la situation en France en 1983 ou 1984. Et comment était notre conscience écologique à cette époque la ? Je n’étais pas encore de ce monde, mais je pense pouvoir répondre sans trop de risque qu’elle était « nulle ». Alors bien sur depuis une prise de conscience générale et « mondiale » (au moins occidentale) a eu lieu, mais de part le niveau d’éducation moyen au Brésil et les préoccupations des habitants, l’environnement n’est pas au cœur des préoccupations. Etre un pays en développement exonère-t-il ses habitants à participer à l’effort écologique nécessaire aujourd’hui ?

Até logo,

 

Commentaires   

 
#1 tati_luz 22-11-2011 01:21
Il faut investir dans l'assainissement . Barra a la plus part de les nouveaux bâtiments, mais il n'y a pas de project pour ameliorer l'assainissement la bás. Je suis pas content, mais je suis d'accord avec toi. Certains cariocas ne méritent pas une si belle ville.
 
 
#2 LadyMilonguera 21-02-2012 15:39
La photo des égouts se déversant dans la mer est tristement significative !