Arrivée des premiers visiteurs : Brésil, terre d’accueil PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Stéphane   
Mardi, 26 Janvier 2010 02:04

C’est étonnant, mais le Brésil attire nettement plus que la Chine ! Lors de mon séjour en Asie, personne ne m’avait fait part de son souhait de venir me voir. Lorsque j’ai annoncé à mon entourage que je partais, cette fois-ci au Brésil, les regards se sont faits beaucoup plus intéressés. Beaucoup de copains m’ont dit « je viendrai à Rio », certains ont été plus prudent « si financièrement je le peux, je viendrai à Rio ».

Quoi qu’il en soit, après avoir moi-même « squatté » chez les potes et la famille à de nombreuses reprises ces dernières années –parfois trop souvent/longtemps, encore désolé et merci (Antoine A, Arm & Vid, etc.) !- l’heure est venue d’inverser les rôles. Pour la première fois de ma vie, je reçois « chez moi », et c’est bien agréable.

Le premier visiteur est arrivé vendredi en fin de journée et il s’agit de Hieu, alias « le Belge ». Nous nous sommes rencontré lorsqu’on travaillait en fruit picking en Australie, je l’ai d’ailleurs évoqué à plusieurs reprises dans l’article Les anecdotes de picking. Grâce aux mails, MSN et Facebook nous avions gardé contact et quand je lui ai proposé de venir « squatter » à Rio, il n’a pas hésité longtemps. Il profite d’être entre deux boulots pour passer 4 ou 5 semaines au Brésil, en se baladant dans différentes régions. Même si, il y a 2 jours, il s’est rendu compte qu’il n’avait aucun vaccin et que cela pouvait être utile pour aller dans certains endroits du Brésil (Amazonie, etc.)...!

Vieilles photos souvenir du fruit picking en Australie

Vendredi prochain, à l’aube, ce sera au tour de mes parents d’arriver au Brésil où ils vont passer une dizaine de jours. Mes parents viennent me voir pour à l'étranger, une grande première ! Mais je dois être honnête et revenir sur mes précédents voyages.

En septembre 2006, au moment du départ pour l'Australie, mes parents m’avaient dit qu’ils aimeraient bien venir me voir. A ce moment là cette idée ne me réjouissait pas plus que ça, mais nous avions convenu d’en reparler plus tard, une fois que je serai « Down Under ». Une fois sur place…je n’avais toujours pas envie qu’ils viennent...donc ils n’étaient pas venu. Pourquoi je n’en avais pas envie ? Voici un extrait du mail que je leur avais envoyé pour leur expliquer ce que j’en pensais :

« Plus sérieusement et me concernant, même si ce n’est pas évident à dire vis-à-vis de vous, je n’ai pas particulièrement envie que vous veniez. Ce n’est pas évident d’expliquer pourquoi. Sûrement car :

1) J’ai envie de vivre ma « nouvelle vie (provisoire !) » à fond et sans les « contraintes » habituels de la France. C’est probablement très égoïste comme comportement donc contraire à ce que vous m’avez appris, désolé… D’une certaine manière, je vous aime et ça se passe bien entre nous (enfin, je crois !!!!) mais j’ai envie de vivre mon aventure seul jusqu’au bout.

2) Même si mon programme n’est pas vraiment défini – il pourrait changer avec la météo locale – je m’oriente plutôt vers une période « boulot à fond » de mi décembre ou début janvier pour environ 4 mois, pour renflouer les caisses. Cela ne tombe donc pas très bien avec la période à laquelle vous pouvez venir (qui est la période idéal, je pense).

3) Une « coupure » comme cela serait le cas avec votre visite n’est pas forcément une bonne chose. Je n’ai pas du tout eu de difficultés après la séparation lors de mon arrivée ici, sûrement car tout était nouveau et j’avais probablement besoin de prendre « le large ». Je suis maintenant à fond dans « mon truc » et je ne sais pas trop quel effet peut-être une coupure en milieu d’année. Un mec d’un forum me disait que sa sœur était partie un an à l’étranger avec un organisme et les visites des parents sont tout simplement…interdites ! Pour le moment je n’ai pas du tout le « homesick » (hormis pour la bouffe !!!!!!!) mais une visite peut toujours le faire apparaître et ca serait dommage que je mette deux mois à me replonger dans mon année ici.

4) Enfin, et de manière beaucoup plus légère à prendre sur le ton de la rigolade, voici une chanson pour vous (je vous laisse reconnaître l’auteur et le titre ;) !) :

Mes chers parents je pars
Je vous aime mais je pars
Vous n'aurez plus d'enfants, ce soir
Je m'enfuis pas je vole
Comprenez bien je vole
Sans fumée sans alcool je vole, je vole »

Je vole de Michel Sardou (texte complet).

A l’époque –et peut-être encore aujourd’hui- certains avaient trouvés ma réaction égoïste voire « indigne ». Heureusement, mes parents avaient très bien compris mon choix, comme en témoignes leurs réponses très complémentaires.

« Ne t’inquiète pas, je comprends très bien ce que tu dis et ce que tu veux vivre !! J’en suis même fière, que tu vives « seul », comme tu l’entends, cette expérience très enrichissante sur plein d’aspects, est tout à ton honneur et pas, je pense, égoïste de ta part (c’est bien je vois que tu as bien intégré quelques valeurs qui nous tiennent à cœur !!) ; c’est vraiment toi qui a tout prévu, pensé, organisé, c’est « ton histoire » et ça se respecte. Je comprends mieux maintenant que tu es loin, que ça peut être mieux pour toi qu’on ne vienne pas, et puis j’avais peut-être besoin, en te laissant à la gare, de me dire qu’on te reverrait avant 1 an...c’était plus facile de te laisser partir avec cette idée. Aujourd’hui, je pense que tu as probablement raison ; et communiquer comme on le fait si facilement par mail et ton site, avec des photos de toi de temps en temps, c’est aidant. Pour être franche, je ne ressens pas de tristesse que tu sois loin, d’accord ça ne fait que 2 mois mais tant que je te sens bien, même si quelques fois c’est dur et que tu ne le dis pas (tu as bien le droit de trouver ça dur quelques fois et tu peux nous le dire si tu veux, on peut entendre) c’est le principal.

Profite de ton année (...)

Donc, on ira te voir dans un autre pays une autre fois !!

Je ne sais plus de qui est la chanson mais super !! Bien trouvé !

(...) Merci encore pour ton mail. »

Et l’autre message :

« Tes arguments me semblent parfaitement convaincants. L'important c'est que tu saches que nous sommes disponibles si tu as besoin et nous comprenons et approuvons ton choix. Peut-être que la re-séparation aurait aussi été dure aussi pour nous ! Ta chanson me fait penser à un proverbe de Kalil Gibran : Nos enfants ne sont pas nos enfants, ... ils ne font que passer (texte approximatif).

Soit heureux c'est là notre joie !! »

Toute la petite famille au Maroc, en 2006

Plus de 3 ans après, je tiens une nouvelle fois à remercier mes parents pour leur compréhension, vraiment.

En 2008, lors de mon séjour en Chine, ils auraient bien aimés me rendre visite, mais ils avaient décidés, avant de savoir que j’allais partir dans l’Empire du Milieu, d’aller en vacances en Thaïlande, donc ils ne pouvaient pas enchainer avec la Chine.

Et donc maintenant, le Brésil. Cette fois-ci la situation est fondamentalement différente : je travaille au Brésil, je suis « installé » ici le temps d’une année (ou plus), j’ai un « vrai chez moi », etc. Et, sincèrement, ça me fait très plaisir que mes parents puissent venir comme ça me fait très plaisir de les recevoir. Pour la première fois, c’est eux qui seront chez moi, une situation nouvelle après avoir habité chez eux 18 ou 20 ans. J’ai hâte de leur faire découvrir mon environnement et de le partager avec eux, de leur faire vivre pendant quelques jours ce que je vis depuis bientôt 4 mois.

Lorsqu’on décide de vivre à l’étranger, ça entraine beaucoup de choses, tant sur le plan personnel que professionnel. Cela fait également réfléchir, parfois avec un œil différent, aux relations humaines que l’on partage avec nos proches. Il arrive (parfois ? souvent ?) que la distance géographique rapproche de sa famille et des amis, avec des relations moins régulières certes, mais souvent plus intenses et complètes. Les rapports sont alors totalement différents, et souvent encore plus sympas.

J’espère que j’aurai d’autres visites de copains au cours des prochains mois. Parmi tous ceux qui m’ont dit qu’ils viendront, je suis curieux de voir ceux qui vont vraiment le faire et ceux qui ne font « que parler » (même si, bien évidemment, je sais que certains sont bloqués par les études et/ou l’argent)...

« Bem-vindo ao Rio » à mes visiteurs !

Até breve,

 

Commentaires   

 
#1 Claire 26-01-2010 06:33
J'ai presque eu une larme à l'œil en lisant ton article. Tu as de chouettes parents. Les miens sont géniaux aussi mais un peu moins compréhensifs. Chacun son histoire et sa réaction face à une séparation. Pleins de bonnes choses à toi. Bises.
PS: je serais bien venue aussi mais bon là je vois pas comment...
 
 
#2 Fjord 26-01-2010 10:13
Hello,
Oui, sans aucun doute, c'est génial de partager "son expérience" avec ses proches. Ma mère était venue me voir en Australie (mon choix était différent du tien mais c'était un commun accord également... ;))
Je pense que c'est une nouvelle facette de toi que les parents découvrent en venant chez toi (en particulier à l'étranger).
Enfin, je suis persuadée que ce sera un beau moment et que tu leur montreras une partie du Brésil à travers tes yeux et ça vaut beaucoup plus que n'importe quel guide touristique !
En tout cas, je rejoins Claire pour dire que tes parents sont chouettes... Je comprends mieux d'où te viennent certaines qualités ! ;)
En tout cas, profite à fond de tous ces beaux moments de "retrouvailles", découvertes,...
Bizzzzzzz
 
 
#3 Pascale 26-01-2010 12:27
Oui Stéphane, chouettes parents que tu as là, et chouette fils qu'ils ont aussi ! Profitez-bien les uns des autres. De grosses bises à toi de Sucé s/Erdre.
Pascale
 
 
#4 Toothbrush 26-01-2010 14:43
Tu as de la chance :) Profitez-en bien !
 
 
#5 Sol 26-01-2010 20:14
Hey!
Ca fait plaisir de lire de tes nouvelles, ça me fait prendre l'air de mes cours de psycho d'aller sur ton site! Où en es-tu par rapport à ta poursuite éventuelle de ta vie brésilienne?! Car comme tu le sais, l'idéal pour moi serait de venir en septembre/octobre! Je t'embrasse fort!
 
 
#6 Michelle Andrade 29-01-2010 05:05
I am very happy to see that you feel good in my country. People like you are always welcome in any home, city, region, in any country. You have a differential, be adaptable to everything and everyone. And that's the life you chose, then, my friend, takes all that time in Rio de Janeiro, and learn a little more of Brazilian culture, which is actually a very rich culture. I hope your parents feel comfortable here. Gros bisous!
 
 
#7 Mimine 30-01-2010 22:37
Cela fait également réfléchir[...] aux relations humaines que l’on partage avec nos proches. [...] la distance géographique rapproche de sa famille et des amis[...] souvent plus intenses et complètes.

Totalement d'accord et tu te rends compte de beaucoup de choses lorsque tu es un peu plus loin...
Mais les liens avec la famille sont indescriptibles, et je dirai également merci à Internet !

Profites du contact humain en direct avec la famille pour ce weekend et le weekend prochain!!!!