Que le temps passe vite ! En début de mois je vous faisais part de mon souhait d’écrire plus régulièrement des articles sur TravelSteph.com, notamment à l’occasion du carnaval. Le temps est finalement passé tellement vite pendant ces 10 jours de fêtes à Rio de Janeiro (et ailleurs) que je n’ai pas trouvé le temps d’écrire, désolé. Ce n’est pas toujours facile de travailler, fêter le carnaval et tenir un blog à jour !
Le carnaval de Rio de Janeiro est probablement le plus connu au monde, et il faut avouer que pendant une dizaine de jours tout le monde vit à l’heure du carnaval et il est présent partout.
Cette année, ça a débuté par une importante campagne de communication « anti pisse » autour des « blocos », ces groupes de musique et ces danseurs sillonnant les rues, suivis par une foule plus ou moins importante. Car forcément, quand des dizaines ou centaines de milliers de personnes font la fête dans la rue et descendent des litres de bière, il faut bien qu’ils puissent uriner. Pour la première fois (parait-il), la préfecture de la ville avait mobilisée d’importants moyens pour éviter que les rues se transforment en urinoir géant. Des milliers de panneaux aux pieds des arbres, des bandeaux autours des arbres et des affiches un peu partout pour indiquer que ce n’est pas le bon endroit pour effectuer ses besoins naturels. Evidemment, une bonne partie des panneaux ont disparus, nombreux étaient ceux qui se baladaient avec leur panneau dans la main ou accroché au sac à dos... La préfecture a également mis à disposition ces centaines de toilettes mobiles dans les rues de Rio. Bref, ils ont pris le problème très au sérieux !
Un panneau devant un arbre et de nombreuses affiches derrière, on ne peut pas les rater !
Mais le carnaval de Rio, vu de l’étranger, c’est aussi et surtout le défilé des écoles de samba au Sambodrome. Et même si ça ne constitue qu’une partie des festivités, c’est culturellement ancré à l’histoire de Rio et du Brésil. Concrètement, les 12 meilleurs écoles de samba du pays défilent les dimanche et lundi soir du carnaval, entre 21H00 et 4H00-5H00 du matin. Outre un jury qui note les écoles, 88 000 personnes sont réunis dans les gratins, le long des 850 mètres de la piste, pour admirer le spectacle. Avec le Belge et une Suisse, nous nous sommes rendus sur place, le premier objectif était de trouver des billets. Nous avons commencé par attendre quelques heures, à l’extérieur, de manière à ce que les prix des billets diminuent. Cette attente a été l’occasion, évidemment, de rencontrer des Brésiliens – des chercheurs de billets eux aussi. Au final nous avons acheté des billets vers 00H30, aidé par deux Brésiliennes pour les négociations (être « gringos » (étranger) n’est jamais une bonne chose pour négocier...et être un mec n’est pas non plus l’idéal). Nous sommes allés au « setor 1 », au tout début de la piste. C’est, je pense, le meilleur compromis entre un prix correct et un bon emplacement (conseille : éviter les setors 6 et 13). En plus, c’est un secteur populaire, et je trouve ça infiniment mieux d’être entourés de Brésiliens plutôt que d’avoir que des gringos autours de soi !
Bref, nous avons pu voir les 3 derniers défilés du jour et le spectacle est assez hallucinant. Si vous avez l’occasion de vous y rendre un jour, je vous le conseille. Chaque école défile pendant une heure, avec sa musique et ses milliers d’acteurs ; certaines écoles réunissent plus de 4 000 personnes ! Le spectacle est impressionnant tant par la quantité que par la qualité des déguisements et des danses. Chaque école fait également défiler des chars sur lesquels se trouvent des danseuses (et danseurs, accessoirement) de samba, il s’agit évidemment de formidables danseuses…mais aussi de magnifiques Brésiliennes, souvent peu vêtues ! Les chorégraphies des milliers de danseurs font apparaître un mouvement général magnifique. Lors du défilé de Salgueiro, l’école vainqueur en 2009, tout le monde dans le secteur 1 a passé le défilé debout à chanter et danser, super sympa. Patricia et Aline, les deux Brésiliennes avec qui nous étions nous ont fait des démonstrations de samba...autant vous dire que je n’ai même pas osé essayer. « Le ridicule ne tue pas », mais quand même ! Voici deux vidéos du défilé de Salgueiro, l’école que j’ai préférée sur les trois que nous avons vu :
Enfin, pour ceux qui veulent voir des danseuses et danseurs, je vous conseille cette vidéo du défilé.
Mais le carnaval, c’est aussi et avant tout des dizaines de blocos à travers les rues de la ville. De 7H00 du matin à 22H00, il y en a tout le temps, partout et pour tous les goûts. Et après 22H00, les soirées se poursuivent jusqu’au petit matin, notamment dans le fameux quartier de Lapa, ou l’on retrouve des concerts, des groupes de musique improvisés et une grosse animation.
Lors des blocos, mais pas seulement !, on croise énormément de gens déguisés. Et contrairement aux chinois, les Brésiliens ont une imagination sans limite. Super sympa ! Je n’avais malheureusement pas mon appareil photo (hormis lors du dernier bloco du carnaval), mais entre ceux qui sont déguisés en lapin (avec tutu !), en Indiens, en Blanche-Neige, en « je sors de la douche » (une simple serviette autour de la taille et un bonnet de douche) ou carrément en « je prends ma douche » (une cabine de douche avec les rideaux), en chien ou encore en hôtesse de l’air (équipage complet, s’il vous plait), il n’y a pas de limite. Ils osent tout et n’ont vraiment pas peu du ridicule (bravo à eux !).
Déguisement banal du carnaval de Rio de Janeiro
Après m’être surtout rendu à des blocos l’après midi –difficile de se lever à 7H00 quand…on n’est pas encore rentré de soirée- j’ai décidé pour le dernier jour du carnaval d’aller au bloco « Monobloco », prévu pour débuter à 8H00 en centre ville, à environ 1 heure de bus de chez moi. Avec Sarah, une française que j’hébergeais, nous nous sommes donc levé à 6H30 pour être à l’heure. Mais en arrivant sur place, pas grand monde, les rues sont encore bien vides. Sommes-nous là trop tôt ? Un comble, car on avait plutôt l’habitude d’arriver en retard. On prend un café pour attendre tranquillement et vers 10H00, le bloco démarre. L’Avenue Rio Branco, l’une des principales artères du centre ville, se noircit de monde. Puis, un moment, on aperçoit un panneau avec l’heure d’afficher, il y a une heure d’écart avec nos montrent. On voit un second panneau...identique. Je me souviens que mon ordinateur avait aussi une heure de moins ce matin la… Je demande à une Brésilienne qui nous explique qu’on a changé d’heure, c’est pour ça qu’il n’y avait rien quand on est arrivé, on était sur place à 7H30 en « nouvelle heure ». Sacré changement d’heure !
Autour de Monobloco, la foule est maintenant très nombreuse. Même en étant grand, je n’arrive pas à distinguer toute la marée humaine. J’apprenais le lendemain dans un article de Globo qu’environ 500 000 personnes étaient présentes à ce bloco. Hallucinant ! Un demi-million d’humains, c’est l’équivalent de la population Nantaise et de son agglomération.
Une foule compacte lors du bloco « Monobloco », centre de Rio de Janeiro
La musique est bonne, l’ambiance est sympa, mais la foule est extrêmement compacte. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il faut aimer le contact et ne pas souffrir d’agoraphobie ou d’ochlophobie ! Même si les contextes sont très différents –car là bas c’est de manière quotidienne- cette foule m’a rappelé des scènes vues en Chine...un jour normal (dans la rue ou dans le métro). Deux mouvements de foule auront lieu, le second est violent est pas très rassurant ; on prendra ensuite un peu d’écart.
Les Brésiliens connaissent la musique et dansent en coeur
Le groupe Monobloco joue des musiques (Brésiliennes) connues par la plupart des gens, ce qui permet à tout le monde de chanter et danser. L’ambiance est bonne, les gens sont de bonnes humeur, rigolent et dansent. Voici une courte vidéo pour essayer de vous montrer l’ambiance...mais la qualité de cette vidéo est catastrophique ; c’est la première que je réalise et ce n’est vraiment pas une réussite... La prochaine fois, promis, je ne bougerai pas autant !
Voici une autre vidéo du défilé du Monobloco le dimanche 21 février ; il s’agit d’une vidéo « officielle » avec des images plus stables…mais pas de « vue de l’intérieur ».
Mais le carnaval au Brésil est aussi l’occasion de faire ressortir des points de la culture locale comme, par exemple, les « beijos ». De nombreux Brésiliens demandent aux filles s’ils peuvent les embrasser ; Sarah m’a d’ailleurs dit « il s’agit de vrais baisers, pas de simple smacs ». Une fois le baiser terminer, chacun repart de son côté jusqu’à la prochaine personne à embrasser, parfois 2 minutes plus tard ! C’est parfois étonnant de voir une personne embrasser 3 personnes différentes en l’espace de quelques minutes...
Certains Brésiliens demandent s’ils peuvent embrasser, d’autres le font (ou essaient) directement, parfois un peu violemment. J’ai à de nombreuses reprises vu des Brésiliens marcher, croiser une fille et directement l’attraper par le bras pour l’embrasser. Pas très classe ni respectueux comme méthode… D’ailleurs, plusieurs Brésiliennes m’ont dit qu’elles n’aimaient pas le carnaval à cause du comportement des mecs. Lors du bloco de Monobloco, Sarah s’est retrouvée seule une dizaine de minutes et elle m’a appelé pour me dire « il faut qu’on se retrouve, c’est impossible de rester toute seule, je me fais harceler ». Je comprends mieux pourquoi les Français passent pour des romantiques au Brésil !
Heureusement pour Sarah, certains Brésiliens sont plus classes, comme son indien par exemple !
Vous imaginez bien que ces centaines de milliers de personnes réunis pour le carnaval ne boivent pas seulement de l’eau, la « cerveja » (bière) coule à flot, la plupart du temps dans des canettes en aluminium. Et bien sur, tout le monde jette ses déchets à même le sol. Je vous laisse imaginer l’état des routes après le passage d’un bloco ! Et la, comme en Asie, des centaines de personnes ramassent les canettes en aluminium pour les revendre, en vue d’un recyclage ; un vrai business. Si bien qu’en quelques minutes, une partie des déchets sont déjà récupérés...ce qui limite le travail de la préfecture pour le nettoyage des rues. Je n’ai pas de photos, mais les volumes de canettes sont impressionnants !
Déguisement ou vrai travestis ? Je ne sais pas très bien...
Bref, ce carnaval était bien sympa pour une première. Si je suis encore au Brésil l’année prochaine, j’essaierai de me coucher plus tôt pour me lever plus souvent à 6H00 du matin de manière a aller profiter des blocos du matin, réputés comme étant les plus sympas. Et puis j’achèterai un appareil photos compact pour l’avoir toujours dans ma poche, car c’est dommage de ne pas avoir plus de photos de ce carnaval 2010. Enfin, je me renseignerai sur les bons blocos et les « moyens », pour en profiter au maximum sans partir trop à l’aveuglette (même si, je le sais, ça peut aussi être très sympa).
Au cours de cet article, je vous ai souvent parlé de « Sarah la française », mais qui est-ce ? Sarah, 32 ans, à décidé de « changer de vie pendant un an pour partir voyager en solo autour de notre belle planète ». Elle se trouve actuellement en Amérique du Sud puis se rendra en Afrique et enfin en Asie. Je suis tombé sur son blog il y a quelques semaines et j’ai bien accroché avec sa manière de voyager et de rencontrer des gens, tout particulièrement son concept « cherche une place gratos en échange d'un sourire », qu’elle a utilisée pour la première fois lors d’un concert de Coldplay à Paris et qui est une sorte de « fil rouge » de son tour du monde. J’ai laissé un commentaire sur son site, elle m’a renvoyé un mail et de fil en aiguille je lui ai proposé de l’héberger pendant le carnaval, car elle cherchait un logement sur Rio. Elle a donc passé 8-9 jours à l’appartement, en partie en même temps que le Belge. Elle est toujours à Rio car ce soir il y a, au Sambodrome, un concert de…Coldplay ; elle va bien évidemment essayer de décrocher un billet « gratos » en échange d’un sourire. Ensuite elle prendra la route pour São Paulo, ou Coldplay sera en concert lundi soir. Pour suivre ses aventures, faites un tour sur son blog.
Pour terminer cet article, quelques nouvelles de ma santé. J’ai eu un rendez-vous avec ma neurologue mercredi dernier et elle trouve que les évolutions sont positives, notamment la sensibilité de ma jambe gauche qui revient. A suivre dans les prochaines semaines et prochains mois…en espérant ne plus jamais faire un article sur ce seul sujet !
Dans mon dernier article, je vous relatais notamment le séjour de mes parents et nos visites touristiques du Christ Rédempteur, du Pain de Sucre et de la plage de Copacabana. J’ai -enfin- eu le temps de trier mes photos et de les mettre en ligne. Ces clichés se trouvent dans trois nouveaux albums photos, dans la rubrique Rio de Janeiro ; ceux du Christ Rédempteur ne sont pas terribles car le temps était couvert, j’y retournerai plus tard... Voici un aperçu des nouveaux albums avec les images du Pain de Sucre, Rio de Janeiro est vraiment magnifique de la haut :
Des news du carnaval très prochainement, mais pour l’heure je retourne à des blocos !
Tout d’abord, veuillez m’excuser pour le manque de nouvelles et d’articles, les dernières semaines ont été très chargées. Je vais essayer d’y remédier et d’écrire plus souvent, notamment avec le carnaval qui a déjà débuté ici à Rio de Janeiro et qui, vous l’imaginez, anime la ville !
Je l’ai évoqué dans mon dernier article, j’ai du retourné à l’hôpital plusieurs jours suite à une reprise des douleurs sur mes « côtés » et une perte de sensibilité de ma gauche jambe. Cela est vraiment mal tombé avec la visite de mes parents, au Brésil pour une dizaine de jours. Je suis sorti de la Clinique São Vicente le samedi 30 janvier et j’ai repris le travail deux jours plus tard. Mercredi dernier j’ai eu un rendez-vous avec l’un des meilleurs neurochirurgiens du Brésil pour qu’il étudie les différents IRM que j’ai passé ces derniers mois. Son diagnostique confirme ceux établis par mes autres médecins : une (grosse) réaction au vaccin contre la fièvre jaune ; réaction atypique du fait de sa reprise après une période d’amélioration. Ce diagnostique est le « meilleur » et le moins grave des cas possibles. Aucune tumeur n’a été décelée et le traitement oral que je suis actuellement devrait, on l’espère, suffire. Le rapatriement en France, qui avait de nouveau été évoqué, s’éloigne de nouveau. Autant vous dire que ça fait du bien ! J’espère que je vais retrouver la sensibilité de ma jambe gauche et, surtout, qu’aucun problème de motricité apparaitra.
Maintenant, j’aimerai vraiment que toutes ces histoires rentrent vite dans l’ordre et que ces séjours à l’hôpital, ces IRM et rendez-vous avec les médecins ne deviennent qu’un vieux et mauvais souvenir. J’espère que ma moelle épinière va redevenir sage et reprendre sa taille normale en arrêtant de me jouer des tours. A suivre dans les prochaines semaines et prochains mois...
Le samedi soir 30 janvier j’ai enfin pu passer la soirée avec mes parents et le Belge, qui était resté pour les accueillir. Après un diner à côté de l’appartement on s’est rendu à Ipanema pour un « bloco »…mais nous sommes arrivés à la fin et on a vite fait demi tour en voyant que c’était une soirée gay, ça ne nous branchait pas trop !! Une caïpirinha sur la plage a fait le bonheur de mes hôtes, pendant que je savourai une coco bien fraiche...
Dimanche nous avons « fait les vrais touristes » en nous rendant au Christ Rédempteur (Corcovado), probablement le symbole le plus connu de Rio (avec le Pain de Sucre, Copacabana et le Carnaval). Alors bien sur cette visite a pour but de voir de près cette fameuse statut haute de 38 mètres de haut et de 1145 tonnes, mais c’est aussi l’occasion d’avoir une jolie vue sur la ville de Rio de Janeiro, puisque la statut est située à 710 mètres d’altitude. Malheureusement le temps n’était pas avec nous et il a fallu jouer avec les nuages pour apercevoir, durant quelques minutes, les alentours.
La pause devant le Christ Rédempteur, le drapeau Brésilien à la main
Même si la visibilité n’était pas très bonne, c’est toujours intéressant de voir une ville « du ciel », ça permet de se rendre compte de pleins de choses, d’en localiser d’autres, de comprendre les extensions, etc. J’y retournerai un jour ou il fait beau pour en profiter davantage.
Le lundi matin mes trois hôtes –mes parents et le Belge- sont partis, les premiers à Paraty et le second à Florianópolis. Paraty, c’est l’endroit ou j’avais prévu d’aller passer 3 jours avec mes parents mais j’avais du annuler à cause de ma nouvelle hospitalisation. D’après ce que m’ont dit mes parents, c’est un endroit très joli et agréable, c’est dommage de ne pas avoir pu y aller ensemble pour partager ce moment.
Mes parents sont revenus mercredi soir, ils souhaitaient être présent avec moi ce jour la dans le cas d’une mauvaise nouvelle du neurochirurgien. Ils sont donc rentrés mercredi « pour rien », mais on préférait ça !!! Ils ont passés les deux jours suivant à se balader seuls dans Rio, pendant que je travaillais. Ils ont pu découvrir les grandes difficultés pour se déplacer dans la ville mais ils ont vraiment appréciés les Cariocas qu’ils qualifient « d’extrêmement gentils, toujours prêt à nous renseigner et nous aider, fiers de dire quelques mots en français, vraiment super sympa ! ».
Samedi nous sommes allés au Pain de Sucre, cette fois avec un grand ciel bleu. Du haut des 396 mètres du « rocher », Rio de Janeiro est vraiment une ville extraordinaire, avec ses montagnes, sa mer et ses baies. La « plus belle ville du monde » ? Il m’en reste encore beaucoup à voir avant de trancher (et, soyons clair, cette donnée tout à fait subjective n’avance pas à grand chose !).
La vue du Pain de Sucre, on aperçoit notamment Copacabana à gauche
Le reste de la journée s’est passé tranquillement, avec une tentative non concluante d’aller à Ipanema (trop de monde). Dimanche, après un tour à Santa Theresa nous nous sommes rendu avec succès à Ipanema pour voir des « blocos », il s’agit de groupe de musiciens qui jouent dans les rues en avançant. Sympa !
Les soirées de vendredi et de samedi ont été bien différentes : pour la première nous sommes allés au Monobloco (Lapa) ou il y avait un concert. La soirée était typiquement Brésilienne et populaire, à vivre au moins une fois quand on vient à Rio (voire plus, perso je trouve ça bien sympa comme soirée). Le lendemain nous sommes allés au Rio Scénarium, une boite branchée (et plus touristique) dans un cadre super ; ma mère à pu apprendre quelques pas de samba pour son plus grand bonheur.
Mes parents devant Copacabana, depuis le Pain de Sucre
J’ai raccompagné mes parents à l’aéroport dimanche soir, ils ont quittés les hautes températures de Rio (44°C dimanche, parait-il, avec 50°C en température ressentie !) pour le froid et le gris de Nantes.
Même si mon hospitalisation a changé les plans et ne nous a pas permis de passer un long week-end ensemble, c’était vraiment très sympa de recevoir, pour la première fois, mes parents « chez moi ». Nous avons passés de bons moments à discuter, j’ai pris plaisir à leur faire découvrir (une petite partie) de ma ville et de ma vie ici et ils ont été contents de voir mon environnement et de partager un moment de « ma vie chez moi ». Ils ont aussi pu rencontrer mes médecins, ce qui leur a permis de voir que j’étais bien pris en charge.
Le Belge, mon autre « visiteur » actuellement au Brésil, est en vadrouille dans le sud du pays et il rentre en fin de semaine pour le carnaval. A partir du week-end prochain je vais peut-être héberger aussi une française (que je ne connais absolument pas) qui cherche un logement sur Rio, j’aurai l’occasion de vous en reparler prochainement...
PS : les albums photos arriveront dans les prochains jours, je n’ai pas encore eu le temps de m’en occuper, désolé.
Le lendemain, j’appelais ma neurologue pour lui faire part d’une perte de sensibilité dans ma jambe gauche. Quelques heures plus tard je la rencontrais puis réalisais de nouveaux IRM avant de recommencer le traitement, identique à celui que j’avais suivi en novembre et décembre dernier. Mercredi, elle me demandait de revenir à l’hôpital pour une nouvelle hospitalisation, la quatrième depuis mon arrivée en Amérique du Sud. Depuis, j’enchaîne de nouveau les examens et les traitements par intraveineuse, pour comprendre pourquoi mon état s’est détérioré alors qu’il s’était amélioré entre novembre et décembre. Toutes les pistes sont de nouveaux étudiées, avec le renfort d’un neurochirurgien pour examiner les IRM. Je devrais avoir plus d’informations courant de la semaine prochaine, lors d’un rendez-vous avec ce spécialiste de Rio.
Bien entendu, ce nouveau séjour dans un hôpital Brésilien est une mauvaise nouvelle pour moi, ce n’est pas bien drôle de devoir revenir ici. Mais, en plus, cela me gène et m’attriste par rapport à mes parents. Leur voyage est prévu depuis plusieurs mois et au lieu de leur faire découvrir ma nouvelle ville et ma nouvelle vie, au lieu de les balader au Brésil –j’avais posé un jour de congé pour qu’on aille ensemble à Paraty- je les condamne à venir me voir à l’hôpital. C’est quand même beaucoup moins sympa et ça plombe un peu leurs vacances ! Alors, bien entendu, je n’y suis pour rien et certains vont me dire « au contraire, c’est bien qu’ils soient auprès de toi dans ces moments là » ; reste que ça me dérange et m’attriste un peu, pour eux. J’espérais les accueillir autrement ! Heureusement j’ai quand même eu l’autorisation de sortir quelques heures de l’hôpital ce matin pour aller les chercher à l’aéroport. Nous sommes passés à mon appartement avant de nous rendre à la clinique, pour passer quelques heures ensemble avant qu’ils partent se balader dans la ville.
Ils vont finalement passer le week-end à Rio –je sors samedi après midi de la clinique- puis ils iront se balader quelques jours la semaine prochaine avant de revenir ici le week-end prochain, pour qu’on passe du « vrai temps » ensemble.
De mon côté, j’espère que les médecins trouveront et comprendront rapidement pourquoi les choses ont évoluées ainsi et, surtout, comment faire que tout rentre dans l’ordre. En espérant que ces histoires deviennent rapidement qu’un mauvais souvenir...
C’est étonnant, mais le Brésil attire nettement plus que la Chine ! Lors de mon séjour en Asie, personne ne m’avait fait part de son souhait de venir me voir. Lorsque j’ai annoncé à mon entourage que je partais, cette fois-ci au Brésil, les regards se sont faits beaucoup plus intéressés. Beaucoup de copains m’ont dit « je viendrai à Rio », certains ont été plus prudent « si financièrement je le peux, je viendrai à Rio ».
Quoi qu’il en soit, après avoir moi-même « squatté » chez les potes et la famille à de nombreuses reprises ces dernières années –parfois trop souvent/longtemps, encore désolé et merci (Antoine A, Arm & Vid, etc.) !- l’heure est venue d’inverser les rôles. Pour la première fois de ma vie, je reçois « chez moi », et c’est bien agréable.
Le premier visiteur est arrivé vendredi en fin de journée et il s’agit de Hieu, alias « le Belge ». Nous nous sommes rencontré lorsqu’on travaillait en fruit picking en Australie, je l’ai d’ailleurs évoqué à plusieurs reprises dans l’article Les anecdotes de picking. Grâce aux mails, MSN et Facebook nous avions gardé contact et quand je lui ai proposé de venir « squatter » à Rio, il n’a pas hésité longtemps. Il profite d’être entre deux boulots pour passer 4 ou 5 semaines au Brésil, en se baladant dans différentes régions. Même si, il y a 2 jours, il s’est rendu compte qu’il n’avait aucun vaccin et que cela pouvait être utile pour aller dans certains endroits du Brésil (Amazonie, etc.)...!
Vieilles photos souvenir du fruit picking en Australie
Vendredi prochain, à l’aube, ce sera au tour de mes parents d’arriver au Brésil où ils vont passer une dizaine de jours. Mes parents viennent me voir pour à l'étranger, une grande première ! Mais je dois être honnête et revenir sur mes précédents voyages.
En septembre 2006, au moment du départ pour l'Australie, mes parents m’avaient dit qu’ils aimeraient bien venir me voir. A ce moment là cette idée ne me réjouissait pas plus que ça, mais nous avions convenu d’en reparler plus tard, une fois que je serai « Down Under ». Une fois sur place…je n’avais toujours pas envie qu’ils viennent...donc ils n’étaient pas venu. Pourquoi je n’en avais pas envie ? Voici un extrait du mail que je leur avais envoyé pour leur expliquer ce que j’en pensais :
« Plus sérieusement et me concernant, même si ce n’est pas évident à dire vis-à-vis de vous, je n’ai pas particulièrement envie que vous veniez. Ce n’est pas évident d’expliquer pourquoi. Sûrement car :
1) J’ai envie de vivre ma « nouvelle vie (provisoire !) » à fond et sans les « contraintes » habituels de la France. C’est probablement très égoïste comme comportement donc contraire à ce que vous m’avez appris, désolé… D’une certaine manière, je vous aime et ça se passe bien entre nous (enfin, je crois !!!!) mais j’ai envie de vivre mon aventure seul jusqu’au bout.
2) Même si mon programme n’est pas vraiment défini – il pourrait changer avec la météo locale – je m’oriente plutôt vers une période « boulot à fond » de mi décembre ou début janvier pour environ 4 mois, pour renflouer les caisses. Cela ne tombe donc pas très bien avec la période à laquelle vous pouvez venir (qui est la période idéal, je pense).
3) Une « coupure » comme cela serait le cas avec votre visite n’est pas forcément une bonne chose. Je n’ai pas du tout eu de difficultés après la séparation lors de mon arrivée ici, sûrement car tout était nouveau et j’avais probablement besoin de prendre « le large ». Je suis maintenant à fond dans « mon truc » et je ne sais pas trop quel effet peut-être une coupure en milieu d’année. Un mec d’un forum me disait que sa sœur était partie un an à l’étranger avec un organisme et les visites des parents sont tout simplement…interdites ! Pour le moment je n’ai pas du tout le « homesick » (hormis pour la bouffe !!!!!!!) mais une visite peut toujours le faire apparaître et ca serait dommage que je mette deux mois à me replonger dans mon année ici.
4) Enfin, et de manière beaucoup plus légère à prendre sur le ton de la rigolade, voici une chanson pour vous (je vous laisse reconnaître l’auteur et le titre ;) !) :
Mes chers parents je pars Je vous aime mais je pars Vous n'aurez plus d'enfants, ce soir Je m'enfuis pas je vole Comprenez bien je vole Sans fumée sans alcool je vole, je vole »
A l’époque –et peut-être encore aujourd’hui- certains avaient trouvés ma réaction égoïste voire « indigne ». Heureusement, mes parents avaient très bien compris mon choix, comme en témoignes leurs réponses très complémentaires.
« Ne t’inquiète pas, je comprends très bien ce que tu dis et ce que tu veux vivre !! J’en suis même fière, que tu vives « seul », comme tu l’entends, cette expérience très enrichissante sur plein d’aspects, est tout à ton honneur et pas, je pense, égoïste de ta part (c’est bien je vois que tu as bien intégré quelques valeurs qui nous tiennent à cœur !!) ; c’est vraiment toi qui a tout prévu, pensé, organisé, c’est « ton histoire » et ça se respecte. Je comprends mieux maintenant que tu es loin, que ça peut être mieux pour toi qu’on ne vienne pas, et puis j’avais peut-être besoin, en te laissant à la gare, de me dire qu’on te reverrait avant 1 an...c’était plus facile de te laisser partir avec cette idée. Aujourd’hui, je pense que tu as probablement raison ; et communiquer comme on le fait si facilement par mail et ton site, avec des photos de toi de temps en temps, c’est aidant. Pour être franche, je ne ressens pas de tristesse que tu sois loin, d’accord ça ne fait que 2 mois mais tant que je te sens bien, même si quelques fois c’est dur et que tu ne le dis pas (tu as bien le droit de trouver ça dur quelques fois et tu peux nous le dire si tu veux, on peut entendre) c’est le principal.
Profite de ton année (...)
Donc, on ira te voir dans un autre pays une autre fois !!
Je ne sais plus de qui est la chanson mais super !! Bien trouvé !
(...) Merci encore pour ton mail. »
Et l’autre message :
« Tes arguments me semblent parfaitement convaincants. L'important c'est que tu saches que nous sommes disponibles si tu as besoin et nous comprenons et approuvons ton choix. Peut-être que la re-séparation aurait aussi été dure aussi pour nous ! Ta chanson me fait penser à un proverbe de Kalil Gibran : Nos enfants ne sont pas nos enfants, ... ils ne font que passer (texte approximatif).
Soit heureux c'est là notre joie !! »
Toute la petite famille au Maroc, en 2006
Plus de 3 ans après, je tiens une nouvelle fois à remercier mes parents pour leur compréhension, vraiment.
En 2008, lors de mon séjour en Chine, ils auraient bien aimés me rendre visite, mais ils avaient décidés, avant de savoir que j’allais partir dans l’Empire du Milieu, d’aller en vacances en Thaïlande, donc ils ne pouvaient pas enchainer avec la Chine.
Et donc maintenant, le Brésil. Cette fois-ci la situation est fondamentalement différente : je travaille au Brésil, je suis « installé » ici le temps d’une année (ou plus), j’ai un « vrai chez moi », etc. Et, sincèrement, ça me fait très plaisir que mes parents puissent venir comme ça me fait très plaisir de les recevoir. Pour la première fois, c’est eux qui seront chez moi, une situation nouvelle après avoir habité chez eux 18 ou 20 ans. J’ai hâte de leur faire découvrir mon environnement et de le partager avec eux, de leur faire vivre pendant quelques jours ce que je vis depuis bientôt 4 mois.
Lorsqu’on décide de vivre à l’étranger, ça entraine beaucoup de choses, tant sur le plan personnel que professionnel. Cela fait également réfléchir, parfois avec un œil différent, aux relations humaines que l’on partage avec nos proches. Il arrive (parfois ? souvent ?) que la distance géographique rapproche de sa famille et des amis, avec des relations moins régulières certes, mais souvent plus intenses et complètes. Les rapports sont alors totalement différents, et souvent encore plus sympas.
J’espère que j’aurai d’autres visites de copains au cours des prochains mois. Parmi tous ceux qui m’ont dit qu’ils viendront, je suis curieux de voir ceux qui vont vraiment le faire et ceux qui ne font « que parler » (même si, bien évidemment, je sais que certains sont bloqués par les études et/ou l’argent)...